Nous continuons  notre chemin, passons devant le restaurant „Johannisberg“ et arrivons près d’une croix érigée sur la route Altendorf-Vorderberg. Nous passons de l’autre côté de la „Chessibachmulde“ pour rejoindre la route menant à Bilsten. A mi-chemin en direction de Bilsten, nous empruntons un raccourci qui suit des vestiges de chemins historiques. Le hameau de Bilsten (698 m.) est le point de départ d’un tracé à plat qui nous permet d’admirer la vue sur le Lac de Zürich.

St-Meinrad

St-Meinrad

Le chemin monte à nouveau depuis Schwändi, traversant bois et prairies jusqu’au col de l’Etzel. Le chemin de croix partant d’Altendorf se termine à la ferme d’Oberschwändi. Au sommet du col, l’auberge et la chapelle St-Meinrad nous invitent à faire une pause. L’auberge reconstruite en 1759 a servi d’hospice aux pèlerins et aux muletiers dès le 14ème siècle. Les voûtes peintes de l’église construite en 1698 illustrent la vie de l’ermite St-Meinrad. Par temps dégagé, la vue vers le Sud est impressionnante 

St. Meinrad - Einsiedeln

Pont de diable (Teufelsbrücke)

Pont de diable (Teufelsbrücke)

Nous descendons maintenant vers le Teufelsbrücke (Pont du Diable. Peu avant le pont, une plaque rapelle que le célèbre médecin Paracelse, né ici en 1493  passa son enfance dans la région. Nous traversons la Sihl sur le pont couvert en pierres, construit en 1699 par Caspar Moosbrugger. Au milieu du pont, une niche a été aménagée dans laquelle se trouve une statue de St-Nepomuk, le patron des ponts. Le chemin remonte ensuite vers Hinterhorben, passant le long des tourbières de Schwantenau. A Hinterhorben, nous passons à côté d’un beau crucifix.
Une route asphaltée nous mène à l’emplacement de l’ancienne chapelle dite „du gibet“, détruite en 1810. Jusqu’en 1799, le tribunal de haute instance d’Einsiedeln siégeait de l’autre côté de la route.   

Lac de Sihl

D’ici, nous voyons sur la gauche le lac de Sihl et, en arrière plan, les Alpes schwyzoises. En continuant notre route, nous passons à côté du pillier de Ste-Marie et atteignons la chapelle St-Gangulf, datant du 11ème siècle. Celle-ci est la chapelle la plus ancienne de la vallée supérieure. Devant nous, nous apercevons déjà les majestueux bâtiments du couvent d’Einsiedeln. Après avoir passé la Croix de Brüel, nous arrivons sur l’impressionante Place du Couvent. L’origine du couvent remonte au moine et ermite St-Meinrad, qui vécut au 9ème siècle,  d’abord au col de l’Etzel et ensuite à l’endroit où nous nous trouvons (en forêt). Il fut assassiné par deux meurtriers. A la place où se trouvait la cellule de Meinrad, le prévôt du chapitre de Strasbourg, nommé Eberhard, construit en l’an 934 le couvent des bénédictins.

Fontaine Ste-Marie

En 948, l’église du couvent fut consacrée en l’honneur de Marie et de St-Maurice. La chapelle Salvator (aujourd’hui la chapelle de la grâce), qui à l’origine avait été la cellule de Meinrad, reçut à son tour la consécration. Au 12ème siècle, il y eut un changement de Patronat et Ste-Marie devint patronne. Dès 983, le couvent se développa à Petershausen et Muri (1027), suivit par Schaffhouse (1050) et Hirsau (1065). Durant la période de 1029 à 1680 le couvent sera détruit cinq fois par des incendies. Le pèlerinage débuta dans les années 1300 et atteignit son apogée au 15ème siècle.

Couvent d'Einsiedeln

Les pèlerins venant de divers pays européens comme l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie et la Hongrie avaient pour but la chapelle sacrée. Le couvent servit de point de rassemblement pour les voyageurs décidés à prendre le chemin pour Santiago de Compostela. Au 16ème siècle l’image miraculeuse (Gnadenbild, 15ème siècle) prit de l’importance. L’image, peinte à l’origine de couleur naturelle, tourna au noir à cause de la suie des bougies. C’est environ en 1600 qu’on couvrit la peinture avec une étoffe, pour la protéger. L’église actuelle fut bâtie entre 1791 et 1735 en style baroque. La bibliothèque du couvent est connue pour ses divers manuscrits et incunables précieux.