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Méditation sur la vie de Nicolas et Dorothée de Flue

Auteur: par René Grand, Genève - Marche jaquaire de l'été 2002 - de Flüeli-Ranft à Fribourg (organisée par l'association Suisse des amis de St Jacques)

A) Flüeli-Ranft: Histoire de St-Nicolas de Flue - La Séparation 

1417 : Naissance de Nicolas en mars dans une famille paysanne aisée à Flüeli, Obwald 
            Concile de Constance : fin du grand schisme de deux papes depuis 1378
            Confédération des 8 cantons : Uri, Schwyz, Unterwald (Obwald et Nidwald), Lucerne,
            Zurich, Glaris et Zoug, Berne;  Trève avec les ducs d’Autriche depuis 1389
            Echanges commerciaux par le Gothard entre les Flandres et l’Italie  
   
1447 : Mariage avec Dorothée Wyss, d’Oberwilen : 10 enfants, 5 garçons, 5 filles
1467 : Nicolas quitte sa famille et se retire comme ermite au Ranft
1481 : Un message de Nicolas réconcilie les Confédérés à la Diète de Stans le 22
            décembre
1487 : Mort de Nicolas le 21 mars
1669 : Béatification de Nicolas de Flüe
1947 : Canonisation de Nicolas par le pape Pie XII : fête le 25 septembre.

La Séparation 

A 50 ans, Nicolas quitte sa famille pour se retirer seul dans l’ermitage du Ranft : pourquoi ?

Flüeli« Que n’a-t-on pas dit et redit à propos de ce départ ? Il suffirait pourtant de se pencher un instant sur l’exceptionnel climat de prière et de foi que Nicolas partageait avec les siens  pour ne plus jamais parler d’abandon de famille. Rien d’un coup de tête dans cette démarche. Tous les témoignages convergent : Nicolas n’est pas un exalté, il n’a rien d’un émotif nerveux. Les dépositions historiques soulignent que, dès l’enfance, la recherche de Dieu a été, pour ce montagnard rompu aux rudes tâches de cultivateur et d’éleveur, d’une évidente nécessité. Pendant des années, Nicolas a veillé, prié et jeûné, toujours dans la plus grande discrétion….
Sa décision, qui peut nous paraître brusque et déroutante, a certainement été difficile à prendre, longuement mûrie, puis partagée en famille. …
A un ami d’enfance, Erni an der Halden, Nicolas confie qu’avant de tout quitter, il a demandé à Dieu 3 grâces : celle d’obtenir le consentement de sa femme et de ses grands enfants ; celle de n’avoir pas la tentation de revenir vers eux par la suite ; enfin – si Dieu le veut – celle de pouvoir vivre sans boire ni manger.
On notera qu’avant de se mettre en route,  selon la coutume en vigueur à l’époque,  il devait obtenir l’accord de son conjoint et la bénédiction d’un ecclésiastique, comme toute personne partant alors en pèlerinage  au risque de ne jamais revenir » .  

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, éd. Nouvelle cité 2002, pages 26-27)

La voccation d'Abraham -  Gn 12,1-5 

Le  Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai.   Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom qui servira de bénédiction.   Je bénirai ceux qui te béniront,  je réprouverai ceux qui te maudiront. Par toi se béniront toutes les nations de la terre. »
Abram partit, comme lui avait dit le Seigneur, et son neveu Lot partit avec lui.
Abram avait 75 ans lorsqu’il quitta son pays.

Méditation: 

Ayant quitté ma famille,  qu’est-ce que je viens chercher au pèlerinage ?


B) Eglise d'Iseltwald: Nicolas de Flue, un homme ordinaire attiré pa la prière

 

cf. En mai 1447, Nicolas, paysan aisé, épouse Dorothée Wyss de 15 ans sa cadette.

Iseltwald« Ils s’étaient mariés en début de mai . L’été avait passé très vite et Dorothée, un soir déjà frais d’octobre, était assise dans la cuisine de son nouveau foyer qui respirait encore le bois coupé et la peinture fraîche. Nicolas était à l’étable, occupé à traire ses vaches. La première tempête automnale glissait sur le toit de bardeaux, assuré par de grosses pierres. On entendait gronder la rivière Melchaa menaçante et, derrière la maison, gémir les trois sapins dans le vent déchaîné.
Dorothée ne s’était jamais sentie aussi bien dans sa maison qu’en écoutant, le soir, la tempête se briser contre ses murs. Son cœur était blotti sous ce toit familier que Nicolas lui avait bâti.
… Pendant que la tourmente secouait les fenêtres, elle remuait la soupe à la farine dans sa petite marmite. De temps en temps, elle essuyait les larmes que la fumée lui arrachait. Puis elle s’arrêtait et regardait la flamme, écoutant avec émotion battre en elle une vie nouvelle.
Elle se remémorait très souvent en pensée le jour tout parfumé de foin, égayé par les fleurs et les chants d’oiseaux, où ils s’étaient mariés. Elle songeait au vieux curé qui avait béni leur union. … Dans son rude langage paysan, le brave homme de Dieu lui avait dit que le mariage était comme un poulailler : ceux qui ne s’y trouvent pas veulent y entrer, Dieu sait pourquoi… Ceux qui sont dedans veulent en sortir, ce que finalement le diable expliquerait peut-être mieux que le Bon Dieu. …
Dorothée était heureuse avec son mari : que pouvait-elle désirer de plus ? » 

(La couronne invisible, de Michel Jungo, éd. Christiana 1995, pages 12-14)

Mais Nicolas, depuis sa jeunesse est attiré par la solitude et la prière :
« Pendant des années, Nicolas a veillé, prié et jeûné, toujours dans la plus grande discrétion.
Son fils aîné l’a attesté : « la nuit, quand je me réveillais, j’entendais que mon père s’était relevé : il se tenait près du fourneau et priait ».
Dorothée n’ignorait pas ces heures de solitude qu’il s’accordait dans le vallon caché de la Melchaa  et qui lui était plus nécessaire que le pain ».

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, page 26)

La prière de Jésus - Mc 1,35 et 6,46

Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert; là, il priait. Simon-Pierre se mit à sa recherche ainsi que ses compagnons et ils le trouvèrent. Ils lui disent  « tout le monde te cherche ».
Après la multiplication des pains, Jésus obligea ses disciples le précéder sur l’autre rive du lac avec leur barque, pendant 
que lui-même renvoyait la foule. Après l’avoir congédiée, il partit dans la montagne pour prier.

Méditation:

Quel est l’essentiel pour moi, dans ma vie ?  Quel temps j’y consacre ?

C) Eglise catholique à Interlaken: Nicolas citoyen de son pays 

Interlaken

« Un soir, longtemps après que l’Angelus eut sonné, Nicolas rentra à la maison. Quand Dorothée lui mit son souper sur la table, il chercha à lui sourire ; mais ses yeux n’obéissaient pas et trahissaient une profonde tristesse.   …
Finalement il commença :  « J’ai bien réfléchi… J’ai réfléchi depuis des mois : je ne puis pas rester conseiller et juge plus longtemps ! Cette fois-ci, la mesure est comble… Ce que j’ai vu aujourd’hui…   Tu connais Ueli, le vannier ? »  Dorothée fit oui de la tête.
« Bon ! Tu sais aussi dans quelle misère il vit, le pauvre vieux ! Il a une bicoque que le torrent va emporter à la prochaine crue,  un pré plein de cailloux, grand comme deux fois notre cuisine,  une chèvre dont on peut compter les côtes et, pour toute consolation, une petite fille presque toujours malade ! Tu crois que c’est assez de misère pour ce pauvre diable ? Et bien non ! Il a fallu que le gros Heini, le plus riche paysan de toute la vallée, aille pendant la nuit lui déplacer une borne, pour agrandir encore son domaine à ses dépens ! »
- « Comme il peut y avoir parfois de gens méchants » dit Dorothée.  Attends : ce n’est pas tout. Le vieux vannier soumet la chose au tribunal. Les faits sont clairs et tout le monde le sait. Et qu’est-ce qu’il arrive ? On commence par tirer l’affaire en longueur, en racontant des histoires au pauvre vieux… Pendant ce temps le gros Heini ne reste pas inactif : au premier juge il promet un stère de bois ;
à un autre il remet une dette ; à la femme du troisième il envoie un ballot de velours de Milan. Aujourd’hui, il fallait juger. J’ai tout de suite remarqué que quelque chose ne jouait pas. La sentence était prête avant la réunion du tribunal. J’ai eu beau taper sur une table, personne ne m’a écouté. Le gros Heini a été libéré de toute accusation, soi-disant parce que les preuves n’étaient pas suffisantes ».

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, ibidem pages 45-46)

Lettre de l’apôtre Jacques: Le respect du aux pauvres - Jc 2,1-5 

« Mes frères,  ne mêlez pas à des considérations de personnes  la foi en notre Seigneur Jésus-Christ.  En effet, supposez qu’il entre dans votre assemblée un homme à bague d’or, magnifiquement vêtu et qu’il entre aussi un pauvre en habit malpropre.
Vous vous intéressez d’abord à l’homme qui est bien habillé et vous lui dites :   « Veuillez vous asseoir ici,  à la place d’honneur. »      Quant au pauvre, vous lui dites : « Toi, tiens-toi debout »  ou bien : « assieds-toi là-bas,  au pied de mon escabeau ».
N’avez-vous pas fait en vous-même une discrimination ? N’êtes-vous pas devenus des juges aux pensées perverses ? 
Ecoutez, mes frères bien-aimés ! N’est-ce pas Dieu qui a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde   pour les rendre riches de la foi   et héritiers du Royaume qu’il a promis      à ceux qui l’aiment ? »

cf. Mt 25,31+ : le Jugement dernier « Tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens »

Méditation:

Comment je réagis devant les injustices :  autour de moi ?  dans le monde ?

D) Eglise d'Einigen: Dorothée, épouse de Nicolas de Flüe

 

Einigen« De Dorothée, nous savons si peu de choses, trop peu, presque rien… A son sujet, Nicolas n’a laissé que ces quatre mots : « ma très chère femme », vraie démonstration de tendresse  si l’on tient compte de la pudeur native des montagnards de la Suisse centrale dans l’expression de leurs sentiments. Mais nous n’avons pas d’autre texte. …
Pourtant personne n’a été plus proche de lui que sa femme, associée à sa vocation, au cheminement de sa foi, à sa prière, à ses doutes et à sa décision. Si elle a pris part à sa démarche, ce n’est probablement pas par le débat, car il semble que Nicolas a depuis toujours cherché Dieu en solitaire ; mais par le dépouillement, la confiance et le courage que la vocation de son époux a exigés d’elle. Par le consentement qu’elle lui a donné, en obéissant avec lui au dessein de Dieu ». 

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, ibidem pages 56)

« En 1465, Dorothée entrait dans sa trente-cinquième année. Un étranger lui eût peut-être donné trente ans, bien qu’elle eût neuf enfants. Elle n’avait encore aucun cheveu gris. Et son visage, quoiqu’un peu moins rond, était tout aussi frais et fin. … Au vilage, on arrivait à peine au bout de la besogne ; non seulement parce que la Providence était généreuse de ses dons, mais aussi parce que le père de famille avait une quantité d’autres tâches.
Le lundi, un messager venait chercher le conseiller, pour une séance qui devait régler un différend avec le curé et la paroisse. Le mardi, c’était le juge de Flüe qui devait siéger au tribunal pour condamner un meurtrier. Le mercredi, c’était le capitaine qui devait passer une troupe en revue…  Et toute la semaine allait ainsi !
Dorothée devait bien assez souvent satisfaire toute seule aux nombreuses exigences d’un important domaine et d’un ménage aisé. De plus, il n’était pas rare qu’elle veille jusque près de minuit, pour que son mari harassé puisse manger un repas chaud à son retour.
Il arrivait pourtant aussi qu’il s’asseye le soir à côté d’elle, sur le banc ou dans la grande chambre.  …  Lorsqu’il était enfin sorti de son mutisme, elle le laissait parler, aussi longtemps qu’il le voulait, sans répliquer, en approuvant de temps à autre de la tête. Elle lisait dans ses yeux le reproche, la reconnaissance ou la louange ».  

(La couronne invisible, de Michel Jungo, ibidem pages 43-44)

La vraie parente de Jésus -  Mc 3, 31-35


Un jour arrivent la mère et les frères de Jésus. Ils restent en dehors de la maison et ils le font appeler. Beaucoup de gens sont assis autour de Jésus et on lui dit : «  Ta mère est là dehors avec tes frères et tes sœurs, et ils te demandent. »
Jésus répond : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »
Et promenant son regard sur ceux qui sont assis en rond autour de lui, il dit :
« Voici ma mère et mes frères.  Celui qui fait la volonté de Dieu,  celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère ».

Méditation :

Quels liens  ou quelles libertés  je peux construire avec ma famille ? 

 

E) Eglise de Wattenwil: Nicolas cherche sa vocation 


 
Wattenwil« Où dois-je aller ? Telle est la question que se pose Nicolas. Craignant, en effet de devenir un sujet d’étonnement, de scandale même pour ses compatriotes, Nicolas ne veut pas rester dans son pays. Il prend donc la direction de l’Alsace, et arrive ainsi aux limites de la Confédération, sur les hauteurs du Hauenstein, - dans le Jura - d’où il aperçoit la ville de Liestal. Il s’en détourne, car cette ville lui apparaît comme en flammes.
Dans une localité voisine, il rencontre un paysan auquel il fait part de sa résolution, en lui priant de lui indiquer un lieu retiré où il pourrait se réfugier. Cet homme trouve le projet louable, mais il lui conseille, plein de bon sens, de rentrer dans sa patrie ; pour ce motif que les Confédérés ne sont pas toujours bien accueillis partout et qu’il y a assez de déserts en Suisse pour y servir Dieu en paix.

Frère Nicolas reprend le même soir le chemin du retour. Il passe la nuit dans un champ, en plein air, et prie Dieu de l’éclairer sur le but de son pèlerinage. S’étant endormi, il entrevoit une vive clarté partant du Hauenstein et se dirigeant vers les montagnes d’Unterwald ; il lui semble alors qu’une secrète impulsion le ramène vers sa patrie. Cette clarté surnaturelle pénétra tout son intérieur … et le fit souffrir comme s’il avait senti le tranchant d’un glaive dans ses entrailles. Depuis ce jour jusqu’à sa mort, il ne prit plus aucune nourriture.

Nicolas de Flüe n’est donc pas un homme qui s’est construit et se dirige seul. Non seulement, il marche sous l’inspiration de la Grâce, à preuve les nombreuses visions dont il est le bénéficiaire tout au long de sa vie. Mais encore, il demande constamment l’accompagnement de l’Eglise, en la personne de ces divers prêtres qui joueront auprès de lui le rôle de pères spirituels. Cela est surprenant ! Nous parlons, en effet, d’un homme que très vite ses concitoyens vont considérer comme un saint, et pourtant jamais, à aucun moment, cet homme ne s’est autorisé à marcher librement, à sa guise, selon son bon vouloir. A chaque étape, il se soumet humblement à la vérification de l’Eglise. … Ainsi quand il décide de jeûner, ne le fait-il pas de son propre chef, mais il demande l’autorisation à son confesseur ».
(Biographie anonyme de Nicolas de Flüe  page 4)

Jésus au jardin de GETHSEMANI     -    Mt 26, 36-41


Jésus vient avec ses disciples au domaine de Gethsémani et il leur dit : « Restez ici pendant que j’irai prier là-bas ». Puis il emmène avec lui Pierre et les deux  fils de Zébédée. Il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors :
« Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi ».
Et, allant un peu plus loin et tombant la face contre terre, il priait :
« Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi. Pourtant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ».
Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir. Il dit à Pierre :
« Ainsi vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation : l’esprit est ardent mais la chair est faible » . 

Méditation : 

Dans mes difficultés, mes épreuves, à qui je peux demander de l’aide ?

 

F) Ruine du couvent de Rüeggisberg - Nicolas artisan de paix 

Rueggisberg« On trouve le nom de Nicolas de Flüe sur une liste de 699 soldats suisses qui, en avril 1450, volent au secours de la ville de Nuremberg, exposée aux assauts des troupes du Margrave de Brandebourg. Que pense cet homme de prière, âgé alors de 33 ans, devant les beuveries, les aventures gaillardes, les traditionnels pillages, voire les massacres par ses compagnons d’armes au lendemain de leur victoire ? Un ami d’enfance, Erni an der Halden, qui se tient à ses côtés au combat, rapporte que « il faisait le moins de dommage possible à l’ennemi, cherchant autant que possible à la protéger » …  cf. l’épisode de Katharinental en Thurgovie : Nicolas sauve du feu le couvent des Dominicaines où se sont réfugiés des soldats ennemis.

« De longue date, le service militaire fait partie des obligations du citoyen helvétique. Mais une fois entré en solitude, … par son intimité avec Dieu, Nicolas a acquis une liberté qui le situe dès lors bien au-dessus de tous les partis ; sa parole est donc recherchée et accueillie désormais comme celle d’un juste. … Rayonnant d’une paix intérieure qui transparaît dans tous les actes et les propos de sa vie, Nicolas sait conduire les antagonismes les plus irréductibles à reconnaître leurs torts sans les humilier, et il parvient ainsi à ouvrir des voies inespérées à leur réconciliation » ...               

cf. le convenant de Stans du 22 décembre 1481 qui réconcilie les confédérés, grâce aux conseils de Nicolas de Flüe.

« Nicolas souligne qu’il ne peut y avoir d’autre chemin pour travailler à l’édification de la paix que celui qui exige de chacun qu’il commence par chercher cette paix au-dedans de soi ».

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, ibidem pages 67-69)

On reconnaît sans peine ici le message du Nouveau Testament :
A Bethléem, le message de Noël « Paix aux hommes que Dieu aime » Lc 2.14
Aux malades qu’il guérit et aux pécheurs qu’il pardonne Jésus dit « Va en paix »
La salutation d’évangile des disciples « Paix à cette maison et à ceux qui l’habitent » Lc 10,5
A la veille de mourir,  Jésus dit aux apôtres  « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler, il ne faut pas avoir peur »  Jn 14,27
Ressuscité, Jésus se présente avec ces simples mots « La paix soit avec vous »

cf. la salutation de l’Eucharistie « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous » 

Extraits de deux lettres dictées par Nicolas de Flue


Au Conseil de la ville de Constance :
« En ce qui me concerne, je mettrai toute ma bonne volonté pour que mes paroles puissent conduire à la paix et vous apporter le salut. Mon conseil est aussi de vous montrer conciliants dans vos affaires, puisqu’un bien en entraîne un autre ».
Aux autorités de Berne :
«  La paix se trouve toujours en Dieu, car Dieu est la paix, et cette paix ne peut être détruite. La discorde, elle, sera détruite. Veillez donc à chercher avant tout la paix »

Méditation:

Avec qui je pourrais faire la paix :  avec telle personne ?  avec moi-même ?          

G) Eglise de Tavel -  Nicolas un Eremite ouvert au monde

 

Tafers« Nicolas de Flüe s’écarte du monde afin de pouvoir, loin de toute compromission, vivre en pleine communion avec Dieu. Pendant vingt années, dans la petite cellule du Ranft, à l’orée de la forêt, il se livre dans le silence au chant de sa liturgie intérieure. Par l’étroite fenêtre qui donne sur la chapelle contiguë à son ermitage, il participe chaque jour à la messe et se plonge dans le mystère de la croix de Jésus, dont sa foi vénère la présence dans l’Eucharistie. …
En participant au mystère de l’Eucharistie, en communiant  –  une fois par mois, comme le faisaient les plus fervents en ce temps-là  –  Nicolas reçoit toute la nourriture spirituelle dont son âme a besoin, et, de surcroît, de manière étonnante, celle aussi de son corps ».

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, ibidem pages 74-75)

« Et voilà que peu à peu, cet homme qui s’est retiré des affaires du monde, qui ne fait plus de bruit, tellement habité par la paix qu’il en devient lumineux, se met à attirer les visiteurs. Ainsi Nicolas, époux et père de famille, après avoir connu le détachement et l’intériorisation de toutes ses affections, reçoit de Dieu la grâce de devenir pour beaucoup  un père selon l’Esprit.
L’après-midi, le pieux ermite reçoit donc la foule des visiteurs qui veulent s’entretenir avec lui. … On voit venir dans cette mystérieuse retraite des évêques et autres personnages illustres, de savants théologiens, tout comme des gens du peuple,  pour confier leurs peines à frère Nicolas, se recommander à ses prières et s’inspirer de ses conseils. Il se montre plein de bonté envers chacun. Avec une belle franchise et une grande indépendance, il rappelle à tous leurs devoirs, même aux prêtres et aux magistrats. …
S’il accueille volontiers les pèlerins, l’ermite ne quitte cependant jamais son étroite cellule pour se distraire ; seuls, l’amour de Dieu et du Prochain, ou bien les intérêts de son âme le tirent de la solitude. Il voyage alors de préférence la nuit, afin de ne pas attirer sur lui le regard des hommes, et c’est encore la nuit qu’il regagne sa retraite ».

(Biographie anonyme page 5) 

Action ou contemplation: Marthe et Marie Lc 10.38-41 

Sur la route, Jésus entre dans un village. Une femme, du nom de Marthe, le reçoit chez elle. Celle-ci a une sœur nommée Marie. Marie s’assoit aux pieds du Seigneur. Elle l’écoute parler. Marthe, elle, travaille à tout préparer. Au bout d’un moment, elle vient dire : « Seigneur, trouves-tu cela bien ? Ma sœur me laisse travailler seule ; dis-lui de m’aider ».
Jésus lui répond : « Marthe, Marthe, tu te donnes du mal pour beaucoup de choses. Mais il n’y a besoin que de peu de choses ou même d’une seule. Marie a choisi la meilleure part. Elle ne lui sera pas enlevée ». 

Méditation:  


Quand est-ce que je suis heureux :  dans la solitude ?  avec les autres ?

H) Abbye d'Hauterive - La mort de Nicolas de Flue

 

Hauterive« Nicolas avance en âge en toute sérénité. Il sait que l’année de ses soixante-dix ans sera celle de sa rencontre définitive avec Dieu  et, dans sa foi, il n’a pas peur de la mort. …
Couché sur le plancher de sa cellule, ce 21 mars 1487, Nicolas de Flüe achève sa course en grande paix. Dorothée a été appelée auprès de lui : voici l’heure où leurs noces vont enfin s’accomplir.
« M’aimes-tu ? » est l’ultime question que le Ressuscité adressera à chacun de nous. Nicolas peut répondre, de tout son être consumé : Seigneur, tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime ». (Jn 21,17)  Il n’a jamais douté que Dieu l’a aimé en premier. Les portes du Royaume s’ouvrent maintenant pour l’accueillir.
Dans sa vie, Nicolas n’a point réalisé de miracles. Il n’a pas quitté sa famille charnelle pour fonder une famille spirituelle. Il n’a jamais cherché à s’adjoindre le moindre disciple. Ne demandant qu’à se perdre anonymement dans l’immense et invisible communion des priants, il n’a voulu qu’être du nombre de ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique (Lc 11,28). C’est là son seul titre de gloire ! Et cela l’a entraîné dans une aventure à laquelle il n’avait sans doute jamais songé ».

(Prier 15 jours avec Nicolas de Flüe par Philippe Baud, ibidem pages 111-113)

cf. L’attitude de Jésus devant la mort : les larmes devant le tombeau de son ami Lazare;  l’angoisse de l’agonie au jardin de Gethsémani ; la sérénité du juste devant Pilate.                 

Le cantique de Siméon le Juste -  Lc 2,25-32 

Il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux. Il attendait le Sauveur et l’Esprit-Saint était sur lui. L’Esprit-Saint lui avait appris qu’il ne verrait pas la mort  avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.  Il vint alors au Temple poussé par l’Esprit. Quand les parents de Jésus amènent le petit enfant, Siméon le prend dans ses bras et chante la gloire de Dieu : 

« Maintenant, ô mon maître, tu peux laisser ton serviteur mourir en paix.  Comme Tu l’avais dit : mes yeux voient celui qui nous sauve. Il est venu pour tous les peuples. Il est leur lumière et la gloire de ton peuple ».

Méditation:
 
Au terme de ce pèlerinage : qu’ai-je découvert ? reçu ou donné ? 

 

Prière de Nicolas de Flüe :

Mein Herr und mein Gott,    
 nimm alles von mir    
was mich hindert zu Dir
Mein Herr und mein Gott,
gib alles mir    
was mich fördert zu Dir
Mein Herr und mein Gott, 
oh nimm mich mir 
und gib mich ganz zu eigen Dir.

 

 

 

 

 

Mon Seigneur et mon Dieu,       
prends tout ce qui en moi
me sépa-re de Toi
Mon Seigneur et mon Dieu, 
donn’ tout ce qui en moi
me conduira vers Toi
Mon Seigneur et mon Dieu,
à moi-mê-me  prends-moi    
et donn’ moi tout à Toi.

 

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